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Ciné Concert Chronos

 

Le projet de Ciné Concert avec comme matériel les films de Michel Cans a séduit l'équipe d'Asuelh. Suite à une série de concerts improvisés sur des courts métrages (Festival de la Basse Cour, Festival du Mouton à cinq pattes), Asuelh s'est mis en quête de films à « monter en ciné concert ». La mise en ligne des films de Michel Cans par le Cirdoc a été le déclencheur. Mettre en musique ces scènes d'un quotidien proche mais tellement décalées en faisait ressortir toute la poésie. Asuelh s'inscrit dans la dynamique de la compagnie du Griffe : travailler avec notre matériel culturel occitan. Les Films de Cans en sont un condensé. C'est un regard brut et chargé de cette culture. Les portes d'entrées sont multiples quand on découvre ces films et qu'on veut les exploiter.

 Le projet est d'aboutir au ciné concert entre narration poétique et reportage ethnographique. Le titre du ciné-concert « Chronos » peut être un début de piste. Si le passage des générations et le changement de leur mode de vie et une évidence, ces images sont néanmoins notre passé proche. Les plus jeunes gens que l'on voit sont aujourd'hui des personnes âgées. Ces images, renforcées par l'effet du noir et blanc, semblent sortir d'une autre époque.

Le ciné concert veut plonger dans ces images pour les interroger. Comment imaginer, à l'ère d'internet et de la nourriture Biologique, que ces personnes vivaient sans eau courante ni électricité pour la plupart. Outre les changements sociétaux, nous pourrons évoquer les modes vestimentaires, l'évidence d'une vie collective à travers les fêtes, les processions, les rapports sociaux. Toutes ces personnes âgées qui captent l'œil de la caméra dans leurs Habits noirs. Les jeux d'enfants au delà de toute notion de sécurité et de normes, bref un monde qui a peu d'écho dans notre vie actuelle. 

Il s'agit bien sûr de ne pas tomber dans la nostalgie béate, le « c'était mieux avant ». Le ciné concert se veut une évocation poétique de ces « instants volés », une façon modeste de renouer le dialogue avec cette société balayée par les « temps modernes ».